Guide réglementaire

Quel logiciel phytosanitaire choisir pour son registre en 2027 ?

Mis à jour le 27 juillet 2026 · 9 min de lecture

Faut-il vraiment un logiciel, ou un tableur suffit-il ?

Sur le plan légal, un tableur bien construit suffit (nous en parlons dans notre guide Excel ou logiciel ?). La vraie question n'est donc pas « est-ce obligatoire », mais « qu'est-ce qui me fera gagner du temps et m'évitera une erreur au contrôle ». C'est là que le choix de l'outil compte.

Le comparatif : onze solutions et leurs prix réels

Aucun éditeur ne publie le tableau qui suit, et pour cause : la moitié des prix du marché ne sont pas affichés publiquement. Nous avons relevé ce qui l'était, en juillet 2026, et écrit « non communiqué » partout ailleurs plutôt que de deviner. Serment y figure au même titre que les autres, sans traitement de faveur.

Prix publics relevés le 27 juillet 2026 sur les sites des éditeurs ou dans la presse professionnelle. Les tarifs évoluent et dépendent parfois de la région : vérifiez toujours auprès de l'éditeur avant de décider.
SolutionPrix relevéPensée pour la vigneSaisie sans réseauCe qu'elle fait le mieux
Serment12 €/mois (144 €/an), essai 14 jours sans carteOuiOuiLe registre seul, saisi en 30 secondes au téléphone, délais et météo automatiques
registre-phytosanitaire.comGratuit (1 parcelle, 1 traitement/jour) puis 9,99 € HT/moisNon, tous secteursNon annoncéL'entrée gratuite et la saisie assistée par le catalogue officiel
Ekylibre / EkyVitiÀ partir de 9,90 €/mois, plus une version libre auto-hébergeableOui (EkyViti)Non annoncéL'open source et une suite large pour qui veut tout gérer
AgriXPGratuit pour les petites exploitations, offre payante au-delàNon, toutes culturesNon annoncéUn gratuit durable, sans limite de parcelles
AgroptimaNon communiqué publiquement (essai 15 jours)Cible les vignoblesNon annoncé sur son siteLa gestion des travaux, des équipes et des coûts, avec une application réputée simple
Agritrace17,90 €/mois (179 €/an), offre Pro à 29 €/moisNonNon annoncéLe suivi des interventions et des salariés en temps réel
VitiTagEnviron 20 €/mois relevé dans la presse professionnelle, à confirmerOuiNon annoncéConçu par un vigneron, avec repérage des parcelles sur le terrain
Mes Parcelles (Chambres d'agriculture)360 à 474 € HT/an selon la Chambre, formation souvent facturée en plusOuiNon annoncéL'accompagnement humain de proximité et l'ancrage local
Geofolia (Isagri)Non communiqué publiquementOuiNon annoncéUn écosystème complet, très implanté chez les conseillers
SMAG (Agreo Vigne & Vin)Non communiqué publiquementOuiNon annoncéLes domaines, caves coopératives et négoces à plusieurs sites
Tableur Excel0 €Selon le modèle utiliséOui, fichier localRester gratuit et entièrement libre de sa structure
Comment lire ce tableau. « Non annoncé » ne veut pas dire « impossible » : cela signifie que l'éditeur ne met pas cette fonction en avant publiquement. Et un prix élevé n'est pas un défaut — un logiciel qui gère la comptabilité, les stocks et la cave fait un autre métier que le nôtre, il est normal qu'il coûte davantage.

Les critères qui comptent vraiment pour un vigneron

Au-delà du marketing, un bon outil de registre se juge sur des points concrets :

  • La saisie sur le terrain : peut-on enregistrer un traitement en quelques secondes depuis le téléphone, au retour du tracteur, même sans réseau ?
  • Les vérifications automatiques : l'outil connaît-il le catalogue officiel, alerte-t-il sur une dose hors clou ou un produit retiré, calcule-t-il les délais avant récolte et de rentrée ?
  • La météo : est-elle capturée automatiquement au moment du traitement ?
  • Le document conforme : obtient-on un PDF prêt à présenter à un contrôle, en un clic ?
  • Le prix, tout compris, sans formation obligatoire facturée en plus ;
  • La confidentialité et l'indépendance : à qui appartiennent vos données, et qui peut y accéder ?

Les trois grandes familles d'outils

1. Les logiciels de gestion viticole complets

Des solutions comme Geofolia (Isagri), SMAG (Agreo Vigne & Vin), Mes Parcelles (réseau des Chambres d'agriculture) ou Ekylibre gèrent bien plus que le registre : parcellaire, stocks, comptabilité, parfois la cave. Puissantes et complètes, mais souvent plus chères, plus longues à prendre en main, et pensées pour le bureau autant que pour le terrain. Si vous cherchez à piloter toute l'exploitation depuis un seul endroit, c'est dans cette famille qu'il faut regarder.

2. Les outils de suivi des travaux, à mi-chemin

Agroptima, Agritrace ou AgriXP enregistrent les interventions au champ et en tirent les documents réglementaires, dont le registre. Ils visent souvent plusieurs cultures et plusieurs salariés : intéressants si vous avez une équipe à coordonner, moins spécialisés sur les particularités de la vigne.

3. Les outils dédiés au registre

registre-phytosanitaire.com, VitiTag et Serment font une seule chose — tenir le registre — et cherchent à la faire vite et simplement, depuis le téléphone. Moins de fonctions, mais l'essentiel bien couvert et un coût contenu, entre 10 et 20 € par mois.

4. Le tableur

Gratuit et légal, mais entièrement manuel : aucune vérification, aucune météo, une saisie fastidieuse au champ. Le coût réel se paie en temps et en risque d'erreur.

Combien ça coûte, vraiment ?

Le marché se sépare en deux mondes : autour de 10 à 20 € par mois pour un outil dédié au registre, contre 300 à 500 € par an pour un logiciel de gestion complet. Le détail solution par solution est dans le tableau ci-dessus ; voici ce que les grilles tarifaires ne disent pas toujours.

  • La formation : chez plusieurs éditeurs institutionnels, elle est facturée en plus de l'abonnement (souvent une centaine d'euros) ;
  • Le prix « à partir de » : il correspond en général à la plus petite exploitation ou au module seul — le tarif réel dépend de la surface, du nombre d'utilisateurs et parfois de la région ;
  • Le gratuit limité : plusieurs offres gratuites plafonnent le nombre de parcelles ou de saisies quotidiennes, ce qui suffit rarement au-delà de quelques hectares ;
  • Le tableur : 0 € à l'achat, mais votre temps, et le risque d'une non-conformité (aides PAC réduites, certification HVE ou bio fragilisée).

Un outil « simple » est-il forcément limité ?

Non — à condition que la simplicité soit un choix assumé, et pas une fonctionnalité manquante. La bonne question n'est pas « combien de fonctions ? » mais « est-ce que mon travail réel est couvert de bout en bout ? ».

Un outil qui fait dix métiers vous demandera de choisir, à chaque saisie, où ranger l'information. Un outil qui n'en fait qu'un peut aller au bout de celui-là : connaître le catalogue officiel, calculer les délais, capturer la météo, produire le document de contrôle. C'est la différence entre restreint — il manque des choses au métier visé — et concentré — tout ce que le métier visé demande est là, et rien d'autre ne vient encombrer l'écran.

Le test est simple : prenez votre geste le plus fréquent — enregistrer un traitement au retour du tracteur — et comptez le nombre d'écrans, de champs et de secondes qu'il demande. C'est ce chiffre-là qui décide si vous tiendrez votre registre à jour toute la saison, pas la longueur de la liste des fonctionnalités.

À qui appartiennent vos données ?

C'est un critère souvent oublié, et pourtant décisif. Vos pratiques — produits utilisés, doses, parcelles — sont des informations sensibles. Selon l'outil, elles peuvent être mutualisées avec un réseau (Chambres, coopératives) à des fins d'analyses sectorielles, ou rester strictement privées. Vérifiez toujours ce point dans les conditions du service.

Où se situe Serment ?

En toute transparence : Serment ne gère pas votre vignoble de A à Z. Il ne fait pas la comptabilité ni la gestion de cave. Il fait une seule chose — votre registre phytosanitaire — et vise à la faire mieux que quiconque : catalogue officiel ANSES, vérification des doses et des délais, météo automatique, PDF conforme, saisie en 30 secondes depuis le téléphone même hors connexion. Vos données restent strictement privées, hébergées en Europe.

Si vous cherchez une solution de gestion globale, un logiciel complet sera plus adapté. Si vous voulez simplement être en règle pour 2027, sans vous compliquer la vie et sans vous ruiner, Serment a été pensé pour ça. Pour le cadre réglementaire complet, voyez notre guide sur le registre numérique 2027.

Questions fréquentes

Existe-t-il un logiciel de registre phytosanitaire gratuit ?

Oui, mais avec des limites qu'il faut connaître. AgriXP est gratuit pour les petites exploitations. registre-phytosanitaire.com propose une version gratuite plafonnée à une parcelle et un traitement par jour, puis passe à 9,99 € HT par mois. Ekylibre a une version libre, mais il faut l'héberger soi-même. Enfin, un tableur reste gratuit et légal s'il est correctement construit. Le gratuit convient bien à quelques hectares ; au-delà, les plafonds se font sentir. (Prix relevés en juillet 2026.)

Quel est le logiciel de registre phytosanitaire le moins cher ?

Hors offres gratuites, les outils dédiés au registre se tiennent entre 9,90 et 20 € par mois : registre-phytosanitaire.com à 9,99 € HT, Ekylibre à partir de 9,90 €, Serment à 12 €, Agritrace à 17,90 €, VitiTag autour de 20 €. Les logiciels de gestion complets se situent bien au-dessus, de l'ordre de 300 à 500 € par an, formation parfois en supplément. (Prix relevés en juillet 2026, à vérifier auprès de chaque éditeur.)

Quelle alternative à Mes Parcelles pour un petit domaine ?

Pour un domaine de 5 à 40 hectares dont le besoin principal est le registre, un outil dédié coûte environ trois fois moins cher qu'un abonnement Mes Parcelles (relevé entre 360 et 474 € HT par an selon la Chambre, formation souvent en plus) : registre-phytosanitaire.com, VitiTag ou Serment selon que vous privilégiez le prix, le repérage des parcelles ou la saisie hors réseau. Mes Parcelles garde un vrai avantage : l'accompagnement humain de proximité par la Chambre d'agriculture.

Peut-on enregistrer ses traitements sans réseau dans les vignes ?

Avec Serment, oui : l'application fonctionne hors connexion et synchronise automatiquement au retour du réseau. C'est un point à vérifier au cas par cas, car la plupart des éditeurs ne l'annoncent pas publiquement, alors que beaucoup de parcelles sont mal couvertes. Un tableur enregistré localement fonctionne également sans réseau.

Faut-il un logiciel complet ou un outil dédié au registre ?

Un logiciel complet se justifie si vous voulez gérer aussi le parcellaire, les stocks, la comptabilité ou la cave. Si votre besoin est d'être en règle pour le registre, simplement et à moindre coût, un outil dédié suffit et sera plus rapide à prendre en main.

Existe-t-il une alternative aux logiciels des Chambres d'agriculture ?

Oui. Des outils indépendants comme Serment permettent de tenir un registre conforme sans passer par le réseau des Chambres, avec des données qui restent strictement privées et non mutualisées.

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Informations réglementaires données à titre indicatif, à jour au 27 juillet 2026(règlement UE 2023/564, arrêté du 24 décembre 2025). Elles ne se substituent pas aux textes officiels ni à l'avis de votre administration.